Argentine

Le Contexte

Argentina-street1En 2001, l’Argentine a subi une crise gravissime qui a entraîné une fuite massive des capitaux, un blocage des retraits bancaires, la faillite généralisée d’entreprises… Aujourd’hui, l’histoire n’est pas terminée et l’Argentine s’est en partie relevée. Pour ce faire, pendant dix ans, le pays le plus “européen” d’Amérique du sud a radicalement rompu avec la politique ultralibérale qu’il avait mené pendant la décennie du président Carlos Menem (1989-1999). Le peuple argentin se révolte et les gouvernements se succèdent jusqu’en 2003 où Nestor Kirchner est élu et va en 2005 refuser de payer ¾ des 100 milliards de dollars de la dette extérieur du pays.

L’excellent documentaire Mémoire d’un saccage (Memoria del saqueo) de Solanas, réalisé en 2003 sonde l’histoire du pays. Il y démonte point par point les mécanismes (dette publique, corruption, privatisation) qui ont amené un pays modèle selon les normes du FMI à la faillite, dénonçant ce qu’il appelle un génocide social.  Ce film été présenté au Festival de Berlin et il a obtenu l’Ours d’or d’honneur.

Voici le documentaire en entier, en VO.

Une version sous-titrée en Français existe plusieurs parties sur Dailymotion

Les réponses populaires à la crise furent diverses et variées: assemblées de voisins, mise en place de réseaux de troc, renaissance de certains partis de gauche, mouvement de protestation massif des chômeurs (piqueteros).

Parmi toutes ces initiatives populaires nous avons décidé de nous intéresser particulièrement au mouvement des entreprises recupérées.

Le mouvement des entreprises récupérées

220px-BrukmanPresque sans aucun relai médiatique, les ouvriers argentins ont répondu à la fuite massive des capitaux et à la montée dramatique du chômage en occupant des entreprises en faillite et en relançant la production. La gestion de l’entreprise se fait par les ouvriers et selon le principe de la démocratie directe.

Un ouvrier de l’entreprise FaSinPat(ex-Zanon) déclare: » Nous avons formé la coopérative et nous avons instauré un salaire égal pour tous . Nous prenons les décisions en assemblée générale , nous sommes contre la séparation du travail intellectuel et manuel, nous privilégions la rotation des postes et surtout, nous pouvons changer dès que nous le souhaitons  nos représentants élus. »

Les ouvriers argentins ont repris le slogan  » Occuper, Résister, Produire » du MST ( Mouvement des paysans sans terre), un des mouvements sociaux les plus important d’ Amérique latine, où plus d’un million de paysans ont récupéré des terres en friche pour la production agricole communautaire .

Les entreprises récupérées en sont la variante urbaine.

Frank Mintz, écrivain, nous présente le mouvement des entreprises récupérées.

Sur le thème des entreprises récupérées, quelques très bons documentaires ont été tournés, nous vous les présentons à la suite  et vous invitons vivement à les regarder.

Tournés pour la plupart, au début du mouvement ( 2003-2004), ils sont des témoignages  » sur le vif », des occupations d’ usines, des altercations avec la police, mais surtout de l’ apprentissage parfois difficile d’ une nouvelle forme d’organisation du travail .

Nadie se fue. Collectif « Sur le champ »

2004, 97 min.— documentaire français.

Le film ne s’attarde pas sur les raisons qui ont mené le pays à la faillite (privatisations, corruption, endettement…) mais sur ceux qui se sont organisés face à la situation dans un pays en crise où la résignation et l’individualisme priment. Les discours se croisent, souvent plein de combativité, d’enthousiasme et d’inventivité mais aussi de contradictions.

Dans les quartiers, des solidarités se sont construites et des centaines d’assemblées populaires  ont été créées, avec pour mode de fonctionnement l’horizontalité dans la prise des décisions. Beaucoup de travailleurs ont récupéré les entreprises, qui les avaient précédemment licenciées, pour en reprendre la production, sous contrôle ouvrier ou sous forme de coopératives améliorées.

The Take . Naomi Klein et Avi Lewis (2004)

À la suite de la crise économique argentine de 2001, trente ouvriers au chômage dans la banlieue de Buenos Aires occupent leur usine abandonnée par les patrons et refusent de la quitter.
Ils demandent le droit de faire repartir les machines, de reprendre le travail.
The take est un bel exemple de film politique entreprenant. Les auteurs du film n’ont pas hésité dès qu’ils eurent vent du phénomène des « fabricadas recuperadas » à se rendre sur place pour trouver une entreprise en faillite reprise par les salariés. Grâce à un budget relativement correct, ils ont pu rester sur place suffisamment longtemps, avec plusieurs équipes de tournage pour sélectionner LA fabrique idéale et suivre le processus entier : Occuper, résister et produire.

Impa

Ce court-métrage recueille le témoignage des ouvriers d’ IMPA , une usine métallurgique de Buenos Aires , récupérée depuis 1999.

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