Archives de la catégorie ‘Uncategorized’

Solanas (Fernando), Memorias del saqueo , 120 mn , 2004
L’excellent documentaire Mémoire d’un saccage (Memoria del saqueo) de Solana , réalisé en 2003 sonde l’histoire du pays. Il y démonte point par point les mécanismes (dette publique, corruption, privatisation) qui ont amené un pays modèle selon les normes du FMI à la faillite dénonçant ce qu’il appelle un génocide social.  Ce film été présenté au Festival de Berlin et il a obtenu l’Ours d’or d’honneur. Voici le lien pour le film en espagnol , en entier. La version française est disponible en plusieurs parties sur dailymotion.

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Argentine

Publié: mars 1, 2013 dans Uncategorized

Le Contexte

Argentina-street1En 2001, l’Argentine a subi une crise gravissime qui a entraîné une fuite massive des capitaux, un blocage des retraits bancaires, la faillite généralisée d’entreprises… Aujourd’hui, l’histoire n’est pas terminée et l’Argentine s’est en partie relevée. Pour ce faire, pendant dix ans, le pays le plus “européen” d’Amérique du sud a radicalement rompu avec la politique ultralibérale qu’il avait mené pendant la décennie du président Carlos Menem (1989-1999). Le peuple argentin se révolte et les gouvernements se succèdent jusqu’en 2003 où Nestor Kirchner est élu et va en 2005 refuser de payer ¾ des 100 milliards de dollars de la dette extérieur du pays.

L’excellent documentaire Mémoire d’un saccage (Memoria del saqueo) de Solanas, réalisé en 2003 sonde l’histoire du pays. Il y démonte point par point les mécanismes (dette publique, corruption, privatisation) qui ont amené un pays modèle selon les normes du FMI à la faillite, dénonçant ce qu’il appelle un génocide social.  Ce film été présenté au Festival de Berlin et il a obtenu l’Ours d’or d’honneur.

Voici le documentaire en entier, en VO.

Une version sous-titrée en Français existe plusieurs parties sur Dailymotion

Les réponses populaires à la crise furent diverses et variées: assemblées de voisins, mise en place de réseaux de troc, renaissance de certains partis de gauche, mouvement de protestation massif des chômeurs (piqueteros).

Parmi toutes ces initiatives populaires nous avons décidé de nous intéresser particulièrement au mouvement des entreprises recupérées.

Le mouvement des entreprises récupérées

220px-BrukmanPresque sans aucun relai médiatique, les ouvriers argentins ont répondu à la fuite massive des capitaux et à la montée dramatique du chômage en occupant des entreprises en faillite et en relançant la production. La gestion de l’entreprise se fait par les ouvriers et selon le principe de la démocratie directe.

Un ouvrier de l’entreprise Zanon déclare: » Nous avons formé la coopérative et nous avons instauré un salaire égal pour tous . Nous prenons les décisions en assemblée générale , nous sommes contre la séparation du travail intellectuel et manuel, nous privilégions la rotation des postes et surtout, nous pouvons changer dès que nous le souhaitons  nos représentants élus.

Les ouvriers argentins ont repris le slogan  » Occuper, Résister, Produire » du MST ( Mouvement des paysans sans terre), un des mouvements sociaux les plus important d’ Amérique latine, où plus d’ un million de paysans ont récupéré des terres en friche pour la production agricole communautaire .

Les entreprises récupérées en sont la variante urbaine.

Frank Mintz, écrivain, nous présente le mouvement des entreprises récupérées.

Sur le thème des entreprises récupérées, quelques très bons documentaires ont été tournés, nous vous les présentons à la suite  et vous invitons vivement à les regarder.

Tournés pour la plupart, au début du mouvement ( 2003-2004), ils sont des témoignages  » sur le vif », des occupations d’ usines, des altercations avec la police, mais surtout de l’ apprentissage parfois difficile d’ une nouvelle forme d’organisation du travail .

Nadie se fue. Collectif « Sur le champ »

2004, 97 min.— documentaire français.

Le film ne s’attarde pas sur les raisons qui ont mené le pays à la faillite (privatisations, corruption, endettement…) mais sur ceux qui se sont organisés face à la situation dans un pays en crise où la résignation et l’individualisme priment.Le s discours se croisent, souvent plein de combativité, d’enthousiasme et d’inventivité mais aussi de contradictions.

Dans les quartiers, des solidarités se sont construites et des centaines d’assemblées populaires  ont été créées, avec pour mode de fonctionnement l’horizontalité dans la prise des décisions. Beaucoup de travailleurs ont récupéré les entreprises, qui les avaient précédemment licenciées, pour en reprendre la production, sous contrôle ouvrier ou sous forme de coopératives améliorées.

The Take . Naomi Klein et Avi Lewis

À la suite de la crise économique argentine de 2001, trente ouvriers au chômage dans la banlieue de Buenos Aires occupent leur usine abandonnée par les patrons et refusent de la quitter.
Ils demandent le droit de faire repartir les machines, de reprendre le travail.
The take est un bel exemple de film politique entreprenant. Les auteurs du film n’ont pas hésité dès qu’ils eurent vent du phénomène des « fabricadas recuperadas » à se rendre sur place pour trouver une entreprise en faillite reprise par les salariés. Grâce à un budget relativement correct, ils ont pu rester sur place suffisamment longtemps, avec plusieurs équipes de tournage pour sélectionner LA fabrique idéale et suivre le processus entier : Occuper, résister et produire.

2004

Impa

Ce court-métrage recueille le témoignage des ouvriers d’ IMPA , une usine métallurgique de Buenos Aires , recuperée depuis 1999.

Films/Vidéos

Publié: janvier 1, 2013 dans Uncategorized

 Argouse (Anne) et Peyret (Hugues), « Les Fagor et les Brandt », 52 mn, , 2007.

Les  Fagor et les Brandt est un documentaire sur le rachat de l’entreprise Brandt par la plus grosse cooperative du monde, Mondragon Cooperativa Corporación.

Ce film retrace l’histoire de l’acquisition de Brandt en France par Fagor, coopérative espagnole du groupe Mondragón. Fondé au Pays Basque en 1955 à l’initiative d’un prêtre républicain, Don José Maria Arizmendiarrieta, ce groupe coopératif regroupe aujourd’hui plus de 90 000 travailleurs répartis en plus de 116 structures entrepreneuriales. L’entreprise Fagor (initialement Ulgor), à l’origine de ce groupe, est une entreprise d’électro-ménager. L’originalité de la construction du groupe coopératif Mondragón est d’associer des coopératives de production et des coopératives de consommation (les super-marchés Eroski) avec une activité bancaire (Caja Laboral) et un organisme de prestations sociales (Lagun Aro). Le développement de ce groupe sera ainsi supporté par la population locale qui y voit le moyen de valoriser économiquement un territoire et d’élever son niveau de vie. De même, l’association de ces diverses coopératives dans un groupe permet de mutualiser les risques et de garantir l’emploi aux coopérateurs. Dans sa première partie, le film retrace l’histoire de cette expérience fort originale et interroge les habitants de la vallée d’Arrasate, siège du groupe…

…confronté à la mondialisation capitaliste.

Ce groupe intervient dans de nombreux secteurs industriels et doit, de plus en plus, faire face à la concurrence mondiale. C’est dans ce contexte que le groupe s’est lancé depuis plusieurs années dans une politique de croissance externe avec des acquisitions d’entreprises (Pologne, Mexique, Chine, Italie…) dont les travailleurs ne sont pas souvent associés.A ce jour, seulement un peu moins de la moitié des travailleurs du groupe est sociétaire.

La seconde partie du film porte sur l’acquisition de l’entreprise française Brandt par Fagor. Ce film montre que l’incompréhension, le fossé qui existe alors entre les travailleurs de Brandt, dont certains seront licenciés, avec la direction de Fagor. Les dirigeants de Mondragón ont-ils trahi l’idéal démocratique qui présidait à la création de ce groupe ? La mondialisation n’est-elle pas coupable de cette évolution ? Sans aucunement prendre partie, ce film confronte avec précision, nuance les différents points de vue et intérêts divergents, tout en soulignant les dilemmes.

Carré (Jean-Michel), « Charbons ardents », Grain de sable, 1999.

En avril 1994, épuisés par une lutte acharnée contre le gouvernement conservateur de Margareth Thatcher, les mineurs de « Tower Colliery », propriété nationale de la British Coal (au pays de Galles), votent la fermeture de leur mine comme beaucoup d’autres. Mais leurs dirigeants syndicaux refusent d’accepter cette défaite et réussissent à convaincre les mineurs de racheter « leur mine » en réinvestissant leurs indemnités de licenciement.
Depuis maintenant quatre ans, ces travailleurs sont actionnaires, employés et dirigeants de leur entreprise organisée en coopérative. Résultat : la mine n’a jamais été aussi rentable, l’absentéisme aussi faible et la sécurité si importante.
En tentant de réaliser leur rêve de socialisme et de démocratie, ces patrons d’un autre genre sont confrontés à des contradictions politiques et surtout idéologiques. Une telle réussite peut-elle rester compatible avec leur idéal ?
Ce film, plein d’espoir, retrace cette aventure exemplaire, menée par des hommes et des femmes ordinaires.

Klein (Naomi), Lewis (Avi), “The Take” (La prise), Canada, 87 mn, 2004.

À la suite de la crise économique argentine de 2001, trente ouvriers au chômage dans la banlieue de Buenos Aires occupent leur usine abandonnée par les patrons et refusent de la quitter.
Ils demandent le droit de faire repartir les machines, de reprendre le travail.
The take est un bel exemple de film politique entreprenant. Les auteurs du film n’ont pas hésité dès qu’ils eurent vent du phénomène des « fabricadas recuperadas » à se rendre sur place pour trouver une entreprise en faillite reprise par les salariés. Grâce à un budget relativement correct, ils ont pu rester sur place suffisamment longtemps, avec plusieurs équipes de tournage pour sélectionner LA fabrique idéale et suivre le processus entier : Occuper, résister et produire.

Molina(Virna) y Ardito (Ernesto), « Corazón de fábrica » (Coeur d’usine), Argentine, 2008, 129 minutes,
A l’heure ou l’ entreprise Zanon appartient enfin à ses travailleurs, il est bon de revenir sur“Corazón de fábrica” (2008), un des films qui ont su rendre compte  du processus de récupération de cette immense usine de céramique , située dans la province de Neuquen. Dans cette entreprise, abandonnée  par le patron fin 2001, les ouvriers ont repris le contrôle de la production et de la commercialisation, se confrontant à la répression.

Rouaud (Christian), « Les LIP, l’imagination au pouvoir », 118 mn, 2007.
Les Lip, l’imagination au pouvoir est un film documentaire français qui revient sur la grève ouvrière la plus emblématique de l’après Mai 68, la grève de l’usine Lip de Besançon (Doubs). On y découvre le déroulement de cette lutte d’un nouveau genre, à travers les témoignages des principaux protagonistes de l’époque ainsi qu’avec des images d’archives.

Le premier exemple d’autogestion en entreprise avec notamment la reprise du travail des employés à leur propre compte et la vente sauvage de montres, la marche Lip qui réunit plus de 100 000 personnes dans la capitale comtoise ou des slogans mythiques tels que « C’est pas des murs l’usine, c’est d’abord des travailleurs » après la prise de Lip par les forces de l’ordre, y sont expliqués sur un ton historique, social et politique.

Solanas (Fernando), Memorias del saqueo , 120 mn , 2004
L’excellent documentaire Mémoire d’un saccage (Memoria del saqueo) de Solana , réalisé en 2003 sonde l’histoire du pays. Il y démonte point par point les mécanismes (dette publique, corruption, privatisation) qui ont amené un pays modèle selon les normes du FMI à la faillite dénonçant ce qu’il appelle un génocide social.  Ce film été présenté au Festival de Berlin et il a obtenu l’Ours d’or d’honneur. Voici le lien pour le film en espagnol , en entier. La version française est disponible en plusieurs parties sur dailymotion.


Zyserman (Didier), « Nosotros los del Bauen », 95mn, VOSTF, 2010.

En décembre 2001, au plus fort de la crise qui ravage l’Argentine, l’hôtel de luxe Bauen ferme ses portes.

En 2003, d’anciens employés occupent l’hôtel pour obtenir le versement de leurs arriérés de salaires. Pendant cette occupation, ils décident de rejoindre le Mouvement National des Entreprises Récupérées, créent la Coopérative ouvrière des travailleurs du Bauen et rouvrent progressivement l’hôtel au public.

A travers les témoignages de quelques employés de l’hôtel, le film retrace l’histoire de cette réouverture. Il raconte aussi le long combat que les travailleurs du Bauen ont du mener contre l’ancien propriétaire, soutenu par les élites et le parlement argentin, pour enfin obtenir la propriété définitive de l’hôtel en 2010. En filigrane, derrière l’histoire de cet hôtel de luxe, construit en 1978 à l’occasion de la coupe du monde de football, c’est l’histoire de l’Argentine qui se dessine, de la dictature du général Videla qui vit la disparition de 30 000 opposants, à la crise économique et sociale des années 2000.